Rares sont les peignes liturgiques en ivoire de l’époque romane, aussi bien conservés et aussi finement sculptés. Cet objet a été réalisé dans un atelier anglo-normand, puis offert à Henry de Winchester, devenu évêque de Verdun en 1117. Ce dernier l’utilisait lors de son sacre ou avant un office religieux. Conservé dans le trésor de l’abbaye Saint-Vanne jusqu’en 1792, le peigne aurait ensuite été caché dans la sacristie de la cathédrale de Verdun jusqu’en 1857. Cet objet liturgique, sculpté dans une seule pièce d’ivoire, illustre deux grandes caractéristiques de l’art roman : « l’horreur du vide » et la « loi du cadre ». Toutes les faces de l’objet sont entièrement ornées de scènes de la Vie du Christ et les figures sculptées sont soumises aux contraintes du support. Les tranches du peigne sont ornées de deux dragons, dont l’un crache du feu.